"Les derniers jours de Rabbit Hayes" d'Anna McPartlin

Genre : Roman, Drame

Résumé :
Neufs jours. C'est ce qu'il reste à vivre à Mia Hayes, surnommée affectueusement "Rabbit". Neufs jours, après plusieurs mois de combat - parce que Rabbit est une battante, une Irlandaise bien trempée. A son chevet, famille et proches se relaient en un joyeux ballet de souvenirs. Entre silences, gaffes et fous rires, toute la vie de Rabbit ressurgit alors : l'enfance, l'adolescence, Johnny, son grand amour, et Juliet, sa fille de 12 ans - une certaine idée du bonheur... Au fil des jours, tous s'interrogent sur leur vie et accompagnent Rabbit dans un voyage émotionnel d'une grande intensité. Quel meilleur bagage pour partir vers la lumière ?

Extrait :
"Elle coupa le moteur, tira sur le frein à main, puis resta assise un petit moment, concentrée sur la porte qui menait à l'indésirable et à l'inconnu. Rabbit dormait encore, et Molly ne voulait pas la réveiller, car, aussitôt qu'elle le ferait, leur futur terriblement proche deviendrait le présent. [...] «Putain de merde, souffla-t-elle en serrant les mains sur le volant. Putain de bordel de saloperie de pompe à merde. Oh, saloperie de merde en briques.» Il était clair que son cœur était déjà brisé en mille morceaux, mais les fragments s'éparpillaient un peu plus à chaque «merde» qu'elle proférait.
«Tu veux continuer de rouler ? demanda Rabbit ‒ mais, en se tournant vers elle, sa mère vit qu'elle n'avait pas réouvert les yeux.
- Bah non, j'avais juste besoin de jurer un bon coup.
- C'est réussi.
- Merci.
- J'ai particulièrement aimé "pompe à merde" et "merde en briques".
- C'est venu tout seul.
- C'est à retenir.
- Ah oui, tu crois ?»

Mon avis :
Mia ‒ alias Rabbit ‒ Hayes est une femme de quarante ans. Journaliste, elle élève seule sa fille Juliet, 12 ans. Au quotidien, elle est également entourée par ses parents (Molly et Jack), sa soeur Grace et son frère Davey; ainsi que par des ami.e.s (Marjorie, Francie, Jay, etc.). La vie de Rabbit serait parfaite s'il n'y avait pas cette maladie qui la ronge. Quatre ans plus tôt, elle avait dû faire face à un cancer du sein qui avait guéri. Mais deux ans plus tard, il est revenu encore plus fort. Cette fois, il ne lui laissera aucune chance. Rabbit intègre une maison de soins palliatifs pour finir ses jours. Au départ, ni elle, ni sa famille n'admettent l'impensable : elle ne s'en sortira pas, il n'y a plus rien à faire. Ses proches se succèdent donc pendant les neuf jours qui suivront son hospitalisation. Neuf jours durant lesquels, chacun évoquera ses souvenirs, l'enfance, les coups durs, les bons moments en compagnie de Rabbit. Neuf jours pour accepter, neuf jours pour s'organiser, neuf jours pour dire au revoir.

Nous découvrirons la vie de Rabbit, grâce à des flash-back de son adolescence notamment. C'était une jeune fille peu sûre d'elle qui admirait Grace pour sa beauté, et Davey pour son talent de musicien. Ce dernier avait formé un groupe avec des amis (Johnny, Francie, Jay,...). Ils répétaient dans le garage des Hayes, et tous sont devenus très proches de la famille. Rabbit était amoureuse du beau Johnny, elle s'est investie dans le groupe durant des années. L'issue de son histoire avec Johnny a été très douloureuse, il l'a quittée et elle ne s'en remet pas vraiment, encore à l'âge adulte. 
Molly et Jack sont des parents très attentionnés et présents. Complémentaires, ils vont faire tout leur possible pour aider Rabbit dans son combat contre la maladie. Grace est également aux côtés de sa soeur, même si elle a sa propre famille à s'occuper (un mari et quatre garçons). Davey, éternel célibataire, vit aux Etats-Unis, c'est un musicien doué qui est perpétuellement en tournée. Cependant, il n'hésite pas à se rendre au chevet de sa sœur lorsque cela est nécessaire.
Juliet est bien jeune pour faire face à tout ce qui lui arrive. Pourtant, depuis quatre ans, c'est avec ardeur qu'elle fait du mieux qu'elle peut pour aider sa mère. 

Tous les personnages du romans sont touchants et bienveillants. Ils transmettent tous d'intenses émotions en prenant la parole grâce à un récit à la troisième personne. Nous avons leurs points de vue à tour de rôles. J'ai apprécié cette mise en page.
Durant l'histoire, on se sent plus particulièrement proche de Rabbit : on est rempli de compassion pour elle, d'admiration pour sa force et son courage, de peine pour sa mort prochaine et attristé de savoir qu'elle ne verra pas sa fille grandir. On passe facilement du rire aux larmes ; et inversement.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, elle a été prenante, même si on connaissait l'issue inévitable et terrible. On est amené à s'interroger sur notre vie, l'importance de vivre vraiment parce que tout peut s'arrêter demain.
Ce livre est bien écrit : la plume est fluide et plaisante.

Ma note : 🌑🌑🌑🌑🌑

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