
Résumé
Ils cherchaient le calme.
Ils ont trouvé bien pire.
Lorsque Élise et Martin quittent la ville pour s’installer dans une vieille maison entourée d’un immense jardin, ils pensent commencer une nouvelle vie. Un projet simple. Une parenthèse paisible.
Mais dès les premiers jours, quelque chose ne va pas.
Une présence diffuse.
Des traces dans la terre.
Et une étrange impression d’être observés.
En retournant le sol pour planter leurs premières fleurs, ils découvrent un objet enfoui... appartenant à une jeune femme disparue des années plus tôt.
Puis une autre découverte. Puis une autre. Très vite, ils comprennent que leur jardin n’est pas un terrain comme les autres. Et que les disparitions qui ont marqué le quartier ne sont pas des coïncidences.
Quelqu’un les surveille. Quelqu’un qui sait exactement ce qu’ils ont trouvé. Et surtout… quelqu’un qui veut empêcher qu’ils aillent plus loin.
Mais à mesure qu’ils creusent, Élise et Martin réalisent une vérité bien plus troublante : certains secrets ne sont pas faits pour être révélés. Parce qu’ils ne sont pas complètement morts.
Extrait
"La terre était lourde ce matin-là.
Elle collait aux bottes et s'accrochait aux doigts, comme si elle refusait d'être dérangée. L'homme enfonça la pelle avec plus de force qu'il ne l'aurait voulu. Le métal pénétra le sol humide dans un bruit sourd, étouffé, aussitôt absorbé par le silence du jardin.
Il s'arrêta un instant, redressa le dos, inspira profondément.
L'air était froid, chargé d'une odeur de feuilles mortes et d'humus. Une brime légère stagnait encore au ras du sol, glissant entre les troncs des arbres comme un voile discret. À cette heure-là, le quartier était encore endormi. Aucun bruit de voiture, aucune voix. Seulement le vent, faible, qui faisait trembler les branches les plus hautes.
Il jeta un regard derrière lui.
La maison se tenait là, massive, immobile. Les volets du rez-de-chaussée étaient fermés. Une seule fenêtre, à lé'tage, laissait filtrer une lumière pâle. Elle vacillait légèrement, comme si elle provenait d'une lape instable.
Il détourna les yeux.
Puis il replanta la pelle."
Mon avis
Fraîchement installés dans la demeure qu’ils viennent d’acquérir, Élise et Martin ressentent une lourdeur inexplicable à peine les cartons déposés. Dès la première nuit, Élise distingue une silhouette immobile près du vieux chêne. Au matin, ils découvrent que la terre a été fraîchement retournée. En creusant, ils trouvent un médaillon et un portefeuille. Quelques recherches suffisent pour comprendre que ces objets appartenaient à une jeune femme mystérieusement disparue. Les jours suivants, en poursuivant leurs investigations, le couple découvrent d’autres éléments troublants qui les laissent stupéfaits. Ces fouilles font vaciller peu à peu la frontière entre leur quotidien et ce qui semble hanter le jardin.
Dans ce roman, j’ai fait la connaissance d’Élise et Martin, un jeune couple qui emménage dans une maison laissée à l’abandon depuis plusieurs années. Sans aucune information sur les anciens propriétaires, ils tentent d’en apprendre davantage auprès d’une voisine peu bavarde, mais qui fait des mises à garde à peine déguisées. Le couple tombe avec étonnement sur un homme étrange installé dans un cabanon derrière leur jardin. Celui-ci accumule notes, photos et plans énigmatiques, dont la logique échappe totalement au couple. Plus troublant encore : les disparitions évoquées semblent liées au chêne, à cette terre retournée qui ne cesse de les hanter. Très vite, j’ai eu l’impression qu’Élise et Martin se pliaient aux exigences implicites du vieil homme, comme s’ils étaient sous une forme d’emprise. Malgré cela, j’ai eu du mal à les cerner ou à m’attacher à eux : leurs réactions manquent de relief, leurs échanges paraissent parfois naïfs, ce qui crée une certaine distance émotionnelle.
Quant à l’intrigue, elle avait éveillé ma curiosité dès le résumé et les premières pages… mais cet élan s’est rapidement essoufflé. Alors que je formulais plusieurs hypothèses, l’histoire m’a semblé devenir peu à peu hermétique, presque abstraite. Le couple accumule des informations qui restent finalement peu exploitées, ne répondent à aucune des questions soulevées et laissent le lecteur dans une forme de flottement. Malgré une ambiance pesante et oppressante renforcée par un presque huis clos, je me suis progressivement détachée du récit. J’ai poursuivi ma lecture dans l’espoir de clarifier ces zones d’ombre, mais les réponses attendues ne sont jamais venues. Au terme du roman, je suis restée dans un flou persistant, sans parvenir à saisir pleinement une histoire qui, pourtant, semblait doté d'un réel potentiel.
Je ressors donc un peu déçue de cette lecture que je n’ai pas réellement comprise. De nombreuses questions restent : qui étaient les anciens propriétaires, pourquoi ont‑ils quitté la maison et quel rôle jouent‑ils dans ce qui s’y déroule ? Pourquoi ces disparitions, que leur est‑il arrivé ? Que signifient ces points mystérieux relevés et étudiés par le couple et les gendarmes ? Et surtout, quelle place occupe le vieil homme du cabanon dans cet ensemble ? Au fil des pages, j’ai hésité entre une histoire fantastique (deux mondes qui se chevauchent sans jamais offrir de véritable visuel) et un récit de disparitions criminelles. Cette ambiguïté, faute d’être pleinement exploitée, m’a laissée dans le doute et la frustration. J'ai donc la sensation d’être passée à côté du roman. En revanche, j’ai apprécié la forme : des phrases courtes, incisives, qui nourrissent l’angoisse et renforcent l’atmosphère lourde et inquiétante. La plume de Claire Varenne, simple mais soignée, parvient à installer une tension palpable, même si l’intrigue ne m’a pas offert les réponses que j’espérais.
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