"Le douzième chapitre" de Jérôme Loubry

Genre : Roman, Thriller, Policier, Suspense

Résumé :
Eté 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l'océan, dans le centre de vacances appartenant à l'employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît.
30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n'ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. À l'intérieur, un manuscrit énigmatique relate les événements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l'affaire… 

Extrait :
" - Je dois te tuer. Tu comprends ?
- Oui, répondit la fillette.
- As-tu peur ?
- Non. Est-ce que je vais devenir un fantôme ? demanda-t-elle, une soudaine étincelle de vie dans les yeux.
- Oui. Et tu murmureras à l'oreille des vivants pendant de longues années. Viens. Il est temps à présent."

Mon avis :
David, un écrivain à succès, trouve un manuscrit devant sa porte. Dans le même temps, son ami et éditeur Samuel l'informe qu'il a reçu un paquet similaire. Celui-ci a déjà pris connaissance des lignes et semble tout retourné. En effet, les quelques feuilles, rédigées en plusieurs chapitres, parlent de la disparition de Julie il y a 30 ans. À son tour, David remonte dans le temps... 
Lui et Samuel sont amis d'enfance. Leurs parents travaillent dans l'usine de Paul Vermont. Ce dernier a perpétué la tradition de son père en conservant le quartier des Mouettes : des maisonnettes destinées à ses salariés pour leurs vacances au bord de la mer. Ainsi, en août 1986, David et Samuel reprennent leurs habitudes estivales. Sur la plage, ils rencontrent Julie. Ce sera le plus bel été de leur vie, jusqu'à une sombre soirée où plusieurs drames se jouent, dont la disparition de Julie. Après un départ précipité, personne n'a plus évoqué l'été 1986... jusqu'à aujourd'hui... Une multitudes de questions se bousculent dans l'esprit de David : qui a écrit ces manuscrits ? Dans quel but ? Est-il en danger ?

Dès les premières pages, on plonge dans une intrigue complexe mais passionnante. On découvre David et Samuel à l'âge adulte. David est un homme assez solitaire, retranché dans une villa somptueuse en bord de mer, d'où il observe les passants. Samuel a aussi réussi sa vie en s'occupant de plusieurs écrivains. Comme dans leur enfance, il est celui qui se pose le moins de questions et qui parle le plus. Directif, il tente de faire comprendre à David de ne pas remuer le passé, en vain. David est déterminé à résoudre cette énigme.
Rapidement, le manuscrit nous permet de remonter en 1986. Nous découvrons donc une histoire dans l'histoire. David et Samuel ont 12 ans, ils aiment leurs vacances : plage, jeux. Julie vient perturber agréablement leurs petites habitudes. Cette jeune fille apporte de la fraîcheur et sa non-appartenance au cercle de l'usine leur permet de penser à autre chose. Ils sont vite inséparables et s'amusent beaucoup. Préoccupés par leurs familles, David et Samuel parlent de l'usine, du quartier des Mouettes et de la mystérieuse maison du patron, où vivrait le fantôme de sa femme qui s'est suicidée il y a quelques années. Les adultes semblent inquiets et secrets. Que se passe-t-il ? Est-ce que cela à un lien avec le drame ?

Durant le récit, nous avons également le point de vue de Paul Vermont en 1986 qui nous apporte des informations que les enfants n'avaient pas à l'époque. Comme David, nous tentons d'établir des liens entre les différents événements. Plus David avance dans ses réflexions, plus les choses se compliquent dans le présent. Quelqu'un n'a pas intérêt à ce que la vérité soit faite sur cet nuit d'été, mais qui ? Nous glanons progressivement des éléments au fil des pages. Des mystères s'expliquent tandis que d'autres s'épaississent... Le roman est captivant ! L'histoire est tordue et palpitante. Dans une ambiance tendue, on est impatient de découvrir et de comprendre tous les tenants et aboutissants de cette affaire. 

L'auteur entretient le suspense et a construit de manière originale son roman. En effet, j'ai bien aimé avoir des temps au passé et au présent, mais aussi avoir une partie de l'intrigue via le manuscrit. Les rebondissements et les secrets sont multiples. Cela dynamise le récit, et nous sommes surpris à plusieurs reprises. Le dénouement a été à la hauteur de mes attentes, même si j'en avais deviné une partie. La plume de l'auteur est agréable à lire. J'ai passé un bon moment lecture !

Ma note : 4,5/5

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"Nos rendez-vous secrets" de Théo Lemattre

Genre : Roman, Romance

Résumé :
Marie et Maxence sont voisins, mais ils ne se sont jamais parlé. Elle, agoraphobe, timide et maladroite et lui, coach de vie enjoué et porté sur la fête. Trop différents, ils n'auraient jamais dû se parler, et pourtant... Une soirée trop arrosée, un instant de confusion et Maxence atterrit sur le canapé de Marie au lieu du sien.
À partir de là, les choses s'emballent. Ils décident de se voir en cachette et commencent leurs rendez-vous secrets. Tous les deux blessés par la vie à leur façon, Marie et Maxence vont tenter de se réparer l'un l'autre. Mais les coups infligés par l'existence sont souvent plus tenaces qu'il n'y paraît. Parviendront-ils à s'apporter l'aide dont ils ont besoin ?

Extrait :
"C'est drôle, cette sensation, mais elle a l'impression que quelque chose cloche. Tout à coup, Marie se demande si elle a bien verrouillé la porte avant d'aller se coucher. [...]
Cette fois-ci, elle en est sûre, elle a entendu quelque chose dans la pièce d'à-côté. Toute tremblante, complètement paniquée, Marie attrape la première chose qui lui tombe sous la main et, visiblement l'arme qui lui servira à venir à bout de l'infâme fripouille qui a décidé de venir lui rendre visite à trois heures du matin ne sera autre qu'un... fer à lisser. Et merde, il n'est même pas brûlant, et ce n'est pas comme si elle avait le temps de le faire chauffer. [...]
Elle est prête à se défendre, elle ne se laissera pas faire comme ça. Une vraie Amazone des temps modernes."

Mon avis :
Marie et Maxence sont voisins mais n'ont pas eu l'occasion de se croiser, jusqu'à une nuit où le jeune homme se retrouve sur le canapé de Marie. La jeune femme, peu habituée à fréquenter d'autres personnes, est déstabilisée. Le lendemain matin, après quelques explications, Marie et Maxence conviennent de se retrouver afin d'aider à la jeune femme à se sociabiliser, et à s'affirmer. Etant coach de vie, Maxence est en effet bien placé pour l'aider. Entre quiproquos, situations loufoques et hilarantes, leur collaboration ne sera pas de tout repos...

Nous faisons la connaissance de Marie, jeune fille qui se défini comme agoraphobe. Elle n'en est pas au point de rester enfermée en permanence, mais elle a beaucoup de mal à sortir et surtout à être confrontée aux regards des autres. Sa rupture récente n'a rien arrangé : Chris, son ex, lui a fait du mal, elle n'a plus du tout confiance en elle. Sa vie se résume à regarder des séries, commander à manger et travailler depuis chez elle. La seule personne qu'elle voit est sa mère Chantal, qui a un quotidien plus trépident que le sien. Cela pourrait être un choix de vie comme un autre, sauf que Marie souffre de cette situation. C'est sa rencontre avec Maxence qui va mettre en exergue son mal-être. Le jeune homme est l'inverse de Marie : plutôt épanoui, jovial et sûr de lui, il n'en reste pas moins qu'il a aussi des blessures au fond de lui.
Après un moment gênant entre eux (leur rencontre est plutôt atypique !), une relation amicale s'instaure rapidement grâce à leurs petits rendez-vous. On est témoin de cette complicité qui se créée au fil des pages. Bien que différents, on se rend vite compte qu'ils se complètent et apportent autant de choses l'un à l'autre. J'ai aimé le suspense présent quasiment jusqu'à la fin : est-ce que leur relation restera platonique, ou va-t-elle évoluer vers plus d'affinités ?

Derrière une histoire légère, on perçoit un cheminement de développement personnel. En effet, Marie s'interroge sur sa vie, ses choix, son avenir. Elle fait un bilan, a envie de changement et veut se donner les moyens d'y arriver. C'est une jeune femme très attachante, qui m'a parfois fait penser à Bridget Jones lorsqu'elle se retrouve dans des situations cocasses et très amusantes. Malgré sa faible estime d'elle-même, on perçoit une force et un caractère qui ne demandent qu'à se révéler. Maxence fera son possible pour la soutenir, sans se douter que lui aussi, va remettre en question sa vie.
Chantal est un personnage gentil, mais profondément agaçant. Elle est très intrusive avec Marie, car trop protectrice. On a envie de lui clouer le bec plus d'une fois... Et que dire de l'infâme Chris ?... Il est détestable, même s'il n'est pas trop présent dans le livre.

Le récit est captivant, j'ai tout de suite été prise dans le roman. Je l'ai dévoré en quelques heures. Marie m'a fait pleurer de rire plus d'une fois : ses réparties, ses maladresses, sa spontanéité m'ont beaucoup plu. Elle est pétillante et on a vraiment l'impression de voir un papillon éclore de son cocon. Maxence est le déclic de sa vie, un homme bienveillant malgré les apparences. Il y a plusieurs rebondissements inattendus dans l'histoire : on ne s'ennuie pas une seconde.
La plume de l'auteur est très plaisante, visuelle. Il transmet bien les émotions des personnages, et décrit les situations de façon réaliste. On a l'impression d'assister à une comédie romantique. J'ai adoré !

Ma note : 5/5

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Service Presse

"Il suffit parfois d'un rien... et d'une fraise Tagada !" de Tiphaine Hadet

Genre : Nouvelle, Romance, Humoristique, Chick-Lit

Résumé :
Du haut de ses 24 ans, Caroline a grandi avec sa mère, gouvernant des Freunberger, richissime famille parisienne qui vit dans une immeuble cossu en plein cœur de Paris. Lorsqu'elles sont invitées au mariage de Victoire, petite-fille du clan, dans un immense château en banlieue, Caroline y va à reculons pour faire plaisir à sa mère. Sur les conseils d'Hervé, son meilleur ami, la jeune femme va tenter d'enfouir ses rancœurs afin de ne pas mettre le désordre au milieu des festivités. Mais c'est sans compter sur une rafale de quiproquos qui va mettre à mal la sérénité de Caroline... et sa solitude d'éternelle célibataire, a priori bien dans ses baskets... 

Extrait :
"J'attrape un pan de ma robe et me dirige vers la chambre 125 en bloquant ma respiration pour ne pas être déséquilibrée par mes poumons. Subterfuge idiot et inutile mais c'est le seul moyen qui me vient à l'esprit pour tenter d'apparaitre sereine. Au lieu de cela, je sens rapidement mes joues rougir et prendre feu. Quand j'ouvre la porte de la pièce dans laquelle une certaine Karen piétine d'impatience, je me sens que je me suis transformée moi-même en fraise Tagada tombée dans l'huile bouillante. […]
- Vous devez être Caroline ? Je suis Karen. Venez ! Suivez-moi ! Il nous reste à peine une demi-heure avant le début des festivités. […]
- Karen, je suis désolée, vous allez avoir un peu de boulot avec moi ! […]
- Croyez-moi sur parole, avec votre chevelure soyeuse et votre peau satinée, dans un quart d'heure, vous serez capable de monter les marches du palais du Festival de Cannes sans honte. Alors que, pour la plupart des autres, une truelle n'y suffirait pas !
Enfin une alliée dans ce marasme."

Mon avis :
Caroline a grandi dans un quartier riche de Paris. Sa mère, Luisa, est en effet employée par une famille très aisée, les Freunberger. Ainsi, elle a côtoyé les petites filles de la matriarche Marguerite, notamment Victoire. À l'adolescence, les filles Freunberger ont pris leurs distances avec Caroline, question de rang social. Loin d'être froissée, Caroline s'est concentrée sur ses études. Aujourd'hui, elle a réalisé son rêve, elle est libraire. Elle se retrouve confrontée à Victoire et sa famille lors du mariage de la jolie héritière. Pour que sa mère ne se trouve pas mise à mal, Caroline accepte d'assister à la cérémonie. Pas à sa place dans ce milieu très bourgeois, elle va devoir prendre sur elle pour faire un effort de présentation... mais aussi faire preuve de patience et de self-control alors que les événements ne se dérouleront pas comme prévu.

Pour Caroline, se retrouver au milieu des Freunberger est tout aussi agréable que de nager au milieu de méduses : elle souhaite se faire toute petite, ne pas être remarquée et surtout, partir au plus vite. Elle déteste ce que sont devenues ses anciennes camarades de jeux. Hautaines et méprisantes, elles ne pensent qu'à leur confort de vie, grâce à des mariages intéressants (intéressés). Sont-elles heureuses pour autant ? Rien n'est moins sûr. En revanche, Caroline suit ses envies et semble épanouie, entourée de sa mère et son meilleur ami, Hervé.
Célibataire, Caroline est pétillante et amusante. Elle a un fort caractère et une grande répartie. Elle est très nature et ne fait pas de chichis. Hervé est un précieux soutien qui sait la booster quand il faut.
Lors de la cérémonie, elle a l'occasion de croiser Victoire, qui la toise telle une vipère; Marguerite, la grand-mère surprenante, et Franck, l'un des invités d'honneur des mariés. Celui-ci a le don d'agacer Caroline tout au long de la soirée, mais elle ne se laisse pas faire. Comment se finira la soirée ? Caroline va-t-elle se remettre ? Survivra-t-elle à la famille Freunberger ?

Captivante, cette comédie romantique est très amusante. L'héroïne, à l'image d'une Bridget Jones, se retrouve dans une situation inattendue lors du mariage de Victoire. On imagine très bien Caroline, mal à l'aise sur ses talons et dans sa robe moulante, tentant de faire bonne figure. Sans le savoir, elle va se trouver sur le devant de la scène, c'est assez drôle (enfin, ça dépend pour qui...). On s'attache tout de suite à cette jeune femme émouvante et piquante. Grâce à une narration à la première personne, on ressent facilement ses émotions.

Le récit est dynamique et l'ambiance joviale. Originale, l'histoire se dévore très rapidement. Cependant, je regrette une fin un peu trop brusque, j'aurais aimé un épilogue pour finaliser la nouvelle. Cela n'enlève rien au fait que j'ai passé un très bon moment de lecture. J'ai aimé les quelques références à des films et d'autres auteures à certains moments. La plume de l'auteure est plaisante et soignée.

Ma note : 4,5/5

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"Le journal de Lorelei" d'Isabelle Morot-Sir

Genre : Roman, Romance, Journal

Résumé :
Un jour, Lorelei, petite parisienne de onze ans, rate sa station de métro. Jusqu'où l'imprévisibilité d'une situation aussi anodine va-t-telle l’entraîner ? Un événement aussi insignifiant peut-il bouleverser toute une vie ? C'est ce que Lorelei dévoilera peu à peu, au travers de confidences qu'elle dépose sur les pages de son journal.

Extrait :
"J'ai voulu entamer ce journal telle une rétrospective des événements qui ont fait ce que je suis à présent. Pourtant, dès la première phrase je me sens inquiète et vulnérable, ainsi que je l'étais certainement lorsqu'enfant, je me rendais seule à ces cours de piano que j'exécrais. [...]
J'étais donc, petite Parisienne enfermée dans une vie trop, trop confortable, trop restreinte, trop facile, trop morne, vouée à tourner en rond et sautiller vainement tel un moineau prisonnier de sa cage."

Mon avis :
Lorelei ressent le besoin de débuter un journal afin de consigner sa vie. Ainsi, elle commence alors qu'elle est jeune adolescente, habituée à une routine bourgeoise et ennuyeuse à ses yeux. Ecole, cours privé de piano, éducation stricte... Lorelei semble déjà lassée de son quotidien et  appréhende son avenir. Alors qu'elle manque sa station de métro un matin, une rencontre va la bouleverser. Dès lors, elle met tout en oeuvre pour affirmer ses choix. Elle va prendre des cours d'équitation, cela deviendra une passion. Brillante élève, son obtention du bac est récompensée par un séjour en Espagne, où elle va faire de nouvelles rencontres et aussi débuter une relation amoureuse. Mais qu’adviendra-t-il des amoureux lorsque Lorelei devra partir à l'étranger pour plusieurs mois ?

Lorelei, petite fille blasée et en manque de liberté, va devenir une jeune femme déterminée et indépendante au fil des années. On suit son évolution avec beaucoup d'intérêt et on admire son parcours exemplaire. Elle a réussi à s'affranchir des traditions de sa famille pour son plus grand bonheur. En Espagne, elle connaîtra son petit ami au milieu des chevaux et des concours. C'est la famille Fuentès qui l'accueille. Les parents sont agréables, tandis que leur deux fils semblent moins avenants. Contrairement à Lorelei, j'ai eu du mal à m'attacher à son ami, surtout à cause de son travail : il fait des corrida, ce que je trouve répugnant. Difficile alors de lui trouver des qualités, d'autant qu'il a une réputation sulfureuse. Lorelei y trouve son compte et poursuit brillamment ses études. Son départ en Nouvelle-Calédonie va pourtant faire basculer son équilibre et son avenir.

Dans ce court roman, Lorelei nous raconte donc à la première personne, son histoire : de ses 11 ans jusqu'à son retour en France après son stage de fin d'étude. J'ai nettement préféré la seconde partie, lorsqu'elle est à Nouméa. En effet, dans la première partie, un long moment est consacré à son séjour en Espagne, aux concours, chevaux, ce qui ne m'attire pas trop. Cependant, ce passage est nécessaire pour pouvoir comprendre son parcours. Le dénouement est prévisible, mais satisfaisant.

L'histoire est agréable, on ressent les émotions de Lorelei et on est embarqué dans ce presque conte de fée. Lorelei est touchante par sa force d'esprit et de caractère; elle est attachante. Le récit n'apporte pas de rebondissement particulier car la vie de Lorelei est plutôt calme et sereine. La plume de l'auteure est fluide et nous fait voyager : l'Andalousie, la Nouvelle-Calédonie, cela donne envie de chaleur et de vacances !


Ma note : 3,5/5

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"La tête sous l'eau" d'Olivier Adam

Genre : Roman, Young Adult, Drame, Policier

Résumé :
Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l'air perdu. Il m'a pris dans ses bras et s'est mis à pleurer. Un court instant j'ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s'est écarté et j'ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par bafouiller : « On l'a retrouvée. Merde alors. On l'a retrouvée. C'en est fini de ce cauchemar. »
Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour mais nous n'en avions pas terminé.

Extrait :
"Je lui demande si ça va même si, depuis la disparition de Léa, cette question n'a plus le moindre sens. On crève tous la bouche ouverte. Et j'ai vécu des pures scènes d'horreur. J'ai vu mes parents dans des états de douleur, de détresse, de chagrin et de peur indescriptibles. Je les ai vus hurler, pleurer, se cogner la tête contre les murs, devenir complètement hystériques ou au contraire tout à fait amorphes. Je les ai vus détruits. En pièces."

Mon avis :
La famille Steiner vit en Bretagne depuis peu lorsque leur fille Léa, jeune lycéenne, disparait soudainement. Elle laisse une mère, un père et un frère dévastés. Une famille brisée. Jusqu'au jour où le commissariat les appelle pour dire qu'ils ont retrouvé Léa. L'immense joie fait place à un terrible constat : Léa n'est plus que l'ombre d'elle-même et la reconstruction sera très longue.  Entourée des siens, Léa va tenter de renouer avec son quotidien d'avant mais rien n'est facile, pour personne. Saura-t-on ce qui lui est arrivé ? La famille réussira-t-elle à reprendre une vie normale ?

Le frère de Léa est le narrateur de ce roman, mais on ne connait pas son prénom. Dès les premières lignes, la mélancolie est présente dans ses mots. Il parle du déménagement de Paris pour ce petit village de Bretagne, de la colère permanente dans laquelle se trouvait Léa à cause de cela. Il évoque le métier de journaliste de son père, celui d'enseignante de sa mère. Il brosse le tableau de leur vie telle qu'elle était quelques semaines avant la disparition de Léa. Puis, il revient au présent et, lassé, raconte son quotidien qui semble terne et sans saveur. Sa mère est partie de la maison, elle est en couple avec un autre homme, Alain. Cela n'a pas arrangé l'état de son père qui est encore plus agité. Il essaye par tous les moyens de retrouver sa fille depuis des mois, il se sent seul, perdu. 
L'histoire prend un tournant avec le retour de Léa au bout de quelques chapitres. Comme précisé dans le résumé, la famille n'en a pourtant pas terminé. Ce n'est pas vraiment leur fille qu'ils retrouvent, mais plutôt un fantôme. Alors, ils vont tout faire pour la soutenir, à commencer par son frère qui se montrera très présent. Il la réconfortera et l'écoutera lorsqu'elle aura besoin. Les questions sont très nombreuses, la famille autant que les policiers veulent comprendre et élucider cette affaire. Le lecteur se questionne également : tout parait si mystérieux durant une bonne partie du roman que l'on échafaude toutes sortes d'hypothèses.

Le récit est calme, lent à l'image de la couverture, d'une mer calme. Le frère parle avec son vocabulaire d'adolescent, parfois de façon brute, sans réserve : c'est appréciable. Il est attachant, et s'il n'exprime pas ouvertement sa détresse, on la ressent énormément dans ses mots et son quotidien. Il n'y a pas beaucoup de personnages en dehors des Steiner, uniquement Jeff (l'oncle des enfants), Chloé (l'amie de Léa) et Alain. Dans une sorte de huis clos oppressant, on guette Léa et on essaye de la comprendre. Entre les chapitres, on lit des mails qu'elle a écrit avant sa disparition puis après son retour, à une personne dont nous ne connaissons pas l'identité, mais qui a visiblement joué un rôle dans la tragédie. Intrigué, on se prend vite au jeu pour rassembler les pièces du puzzle.

Malgré une histoire prenante, j'ai été un peu déçue du dénouement car il est sans surprise. Il n'y a pas de rebondissement durant l'affaire. Je m'attendais peut-être à quelque chose de plus élaboré, de plus tordu. Cependant, le roman est agréable et émouvant. Les réactions des personnages et la situation sont plausibles, ce qui rend le récit réaliste. La plume de l'auteur est entrainante, le livre se lit rapidement. 

Ma note : 3,5/5

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"Octobre en juin" de Céline Poullain

Genre : Roman, Drame, Romance

Résumé :
Éva se sent particulièrement bien dans sa vie le jour de ses 40 ans. Pourtant, son destin bascule lors du décès de sa grand-mère Églantine. Cette vieille femme semblait avoir une vie rangée. Mais la surprise d’Éva est grande lorsqu'elle apprend que sa grand-mère lui lègue une maison dans le Gers. Comment cette femme au passé si paisible, rythmé entre Pierre son mari et des retraites dans un couvent, est entrée en possession d'une maison à près de 500 km de chez elle ? Que s'est-il passé là-bas ? Qui est Edmond dont le nom figure sur la boîte aux lettres de cette maison du Gers ? Un parcours initiatique qui pourrait bien remettre toute la vie d’Éva en question.

Extrait :
"En montant dans sa voiture, la voix du toubib résonnait dans son crâne comme un marteau assourdissant.
- Je suis avec votre grand-mère.
Il faudrait que vous veniez tout de suite.
Elle va très mal.
Je crains qu'il ne lui reste que quelques heures à vivre !

Je crains qu'il ne lui reste que quelques heures à vivre !
Il ne lui reste que quelques heures à vivre !
Que quelques heures à vivre !
Quelques heures...
... à vivre !"

Mon avis :
À Nantes, Éva est une femme qui vient tout juste de fêter ses quarante ans. Elle pense à son passé, et fait le bilan de ce qu'elle a construit jusque là : elle n'y voit que la perfection. Elle est mariée avec Denis, a deux enfants et une belle maison. Si elle a perdu son père il y a une quinzaine d'années, il lui reste Jacqueline, sa mère, qui est toujours en voyage dans le monde depuis qu'elle est veuve; et également sa chère grand-mère, Églantine, alias Mamibelle. Éva a soutenu son aïeule lorsqu'elle a perdu son mari Pierre, puis son fils unique. Un lien très fort s'est tissé entre elles. Alors, quand elle apprend qu’Églantine est mourante, elle fonce la rejoindre pour l'accompagner jusqu'au bout. Une fois les obsèques réalisées, Éva reçoit une lettre de sa grand-mère qui lui lègue une maison dans le Gers dont personne n'a entendu parler. Quel secret Mamibelle lui a-t-elle caché ?

Bouleversée par cette découverte, Éva n'a d'autre choix que de se rendre dans la mystérieuse demeure pour obtenir des réponses à ses nombreuses questions. Craintive, elle prend la route rapidement : elle a peur de ce qu'elle va découvrir, peur d'être déçue de sa grand-mère, peur de ne pas pouvoir lui pardonner son secret... Et en même temps, elle s'interroge énormément : qu'est-ce qu’Églantine a bien pu dissimuler à sa famille durant toutes ces années ? Pierre était-il au courant ? Est-ce mal ? À quoi s'attendre ? Comment ressortira-t-elle de cette plongée dans le passé ?
Le voyage en solitaire d’Éva regorgera de surprises, elle ne s'attendait pas aux révélations qu'elle va entendre. Elle-même se posera mille questions après sa découverte. L'introspection qu'elle mènera va remettre en jeu son avenir qu'elle croyait déjà tout tracé. Elle devra aussi gérer la foule d'émotions qui la traverse : tristesse, déception, doute, colère, joie,... Elle sera face à des choix difficiles.
Éva sera fort heureusement entourée de son mari, et de sa meilleure amie Mounia durant toute cette épreuve. Elle fera aussi la connaissance de Marc, le voisin de la maison du Gers, qui lui permettra de reconstituer toutes les pièces du puzzle concernant Églantine.

Le récit est raconté à la troisième personne en majorité, mais il y a aussi quelques chapitres à la première personne. Ainsi, Éva, Églantine ou encore Denis nous confient leurs pensées, leurs sentiments. Cela les rend encore plus proches et attachants. J'ai très vite été prise dans l'histoire, car j'avais envie de connaitre le fameux secret d’Églantine. Cette mamie nous quittera dès le début du roman, mais vivra au fil des pages grâce à Éva et Marc. Le scénario est original, j'ai trouvé que c'était intéressant. Les émotions ressenties sont palpables. C'est appréciable de suivre le parcours de résilience d’Éva. Le dénouement est appréciable.

Émouvant, ce livre est aussi riche en descriptions. J'avais l'impression d'être à Nantes, puis dans le Gers car l'auteure a su planter le décor de façon très réaliste. Il en est de même pour les personnages qui ont un caractère unique et pragmatique. Malgré la tournure dramatique de la situation, l'atmosphère générale est plutôt chaleureuse et douce. Je ressors de ma lecture avec l'envie de connaitre en détail la vie d’Églantine en détail, comme un prequel à ce roman... La plume de Céline Poullain est fluide, agréable à lire. Une belle découverte !

Ma note : 4,5/5

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Service Presse

"Les secrets des hauts murs" de Lulu Taylor

Genre : Roman, Drame, Romance

Résumé :
Emily a tout pour être heureuse : une grande maison, deux beaux enfants et un mari attentionné. Jusqu'au jour où ils ont un grave accident de la route. Lorsqu'elle se réveille à l'hôpital après la tragédie, elle réalise qu'elle a tout perdu. Elle apprend aussi qu'elle vient d'hériter d'une maison à la campagne. Pour Emily, ce pourrait être la chance de recommencer sa vie à zéro. Mais qui est la femme qui lui a légué cet héritage et pourquoi ? Quels secrets dissimulent les hauts murs de la propriété presque à l'abandon ? Des générations plus tôt, un étrange trio a vécu là : une jeune femme, un peintre et sa sœur. Et un drame s'y est déroulé. Dans les méandres de l'histoire d'une famille, Emily va chercher à découvrir les secrets de son passé… 

Extrait :
"Elle ouvrit les yeux et tourna la tête afin de regarder Will. La voiture prenait de nouveau de la vitesse. L'aiguille du compteur grimpait inexorablement vers les cent quarante kilomètres-heure. Seul sur cette partir de l'autoroute, le véhicule filait à travers la nuit noire. Au loin brillaient les phares rouges des voitures qu'il s’apprêtait à rattraper. Lentement, Will tourna la tête vers Emily et la regarda. Ses yeux étaient étranges dans la lumière bleu-noir."

Mon avis :
Mère de famille et épouse idéale, Emily voit son existence basculer en l'espace d'une soirée. Choquée, elle doit faire face au quotidien sans Will - son mari, avec les problèmes qu'il lui a laissé. Comme un miracle, alors qu'elle est au fond du gouffre, elle hérite d'une maison dans laquelle elle décide de s'installer. Un nouveau départ, loin de son ancienne vie... Elle réussira à passer à autre chose en tentant de résoudre le mystère autour de ce cottage tombé du ciel qui a appartenu à une femme dont elle ne sait rien.
Dans les années 1960, Cressida est une jeune femme qui rêve d'indépendance et d'échapper aux traditions. Elle a envie de prendre ses propres décisions et d'assumer ses choix. Sa rencontre avec Ralph et Catherine Few va la transformer à jamais, mais aussi provoquer des secrets qui perdureront des années... 

Emily est orpheline, elle n'a plus que son frère Tom auprès d'elle. Son oncle vit en Europe et sa tante est un sujet tabou dans la famille. Tom est donc présent après le drame, la soutenant comme il le peut. Suite à l'accident, Emily se sent honteuse et garde en elle un terrible secret. Elle fait au mieux pour elle et ses enfants avec les moyens qu'elle a. Son frère Tom semble attentionné, mais il devient étrange alors qu'elle obtient son héritage. Heureusement, Emily peut compter sur ses nouveaux voisins - James et sa mère - qui ont un peu connu les anciens occupants du cottage. 
Cressida est en âge d'être mariée. Son père aimerait qu'elle trouve un mari et occupe un rôle d'épouse, comme les coutumes le veulent. Seulement, Cressida n'aspire pas à ce genre d'existence. Elle voudrait enseigner mais pas forcément fonder de famille. Mais pour son père, cela n'est pas convenable. Elle fait la connaissance de Catherine et Ralph Few : ce dernier va peindre son portrait. Au fil des séances, on découvre ce couple étrange et mystérieux.

Entre présent et passé, nous naviguons dans les vies d'Emily et de Cressida. Nous découvrons peu à peu le lien qui les unis. Ce sont deux femmes qui ne sont pas si différentes malgré les années et les mentalités qui les séparent. Elles sont toutes les deux attachantes et on s'identifie facilement à elles. J'ai apprécié de les voir évoluer en fonction des événements qui se produisent. Leurs émotions sont intenses et palpables. Les autres personnages sont plus ou moins sympathiques, ils ont tous un caractère unique et tranché.
L'histoire est très prenante. Les secrets sont multiples, comme le titre l'indique. J'ai adoré faire mes propres suppositions, enquêter aux côtés d'Emily et découvrir la vérité en lisant les chapitres qui concernent Cressida. Les rebondissements ne manquent pas et sont parfois inattendus. Bien que j'avais deviné une partie du dénouement, il a répondu à mes attentes. 

Le roman est addictif, on a du mal à le lâcher une fois qu'on le commence. On est happé par le récit qui mêle de la romance, des drames, du suspense... et des mystères ! Ce mélange est très appréciable, tout comme l'alternance entre les deux époques. Les révélations sont surprenantes et on est ravi de connaitre enfin tous les tenants et aboutissants. La plume de l'auteure est fluide et agréable à lire.

Ma note : 4,5/5

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"Envers et contre tout - Tome 2 : Quoi qu'il advienne" de Marjorie Levasseur

Genre : Roman, Romance

Résumé :
Cinq longues années. Une éternité pour Grégoire.
Il a cessé depuis un moment de croire à l'impossible. 
Elles ne reviendraient pas. Nawel avait enterré leur brève histoire dans un lointain recoin du monde que personne ne viendrait plus explorer.
C'est pourtant lorsqu'il s'apprête à tirer un trait définitif sur leur passé commun que celui-ci refait surface de la manière la plus inattendue qui soit.
Mais en cinq ans, il s'est passé bien des choses et certaines d'entre elles ne présagent pas le meilleur… 

Extrait :
"La voiture de location s'immobilisa sur une place de stationnement, non loin du cabinet médical et la vitre côté conducteur s'abaissa lentement. La jeune femme fixa intensément la plaque dorée mentionnant l'identité du médecin officiant dans les lieux. Même à cette distance, elle pouvait clairement voir que le nom avait changé. Plus de docteur Grégoire Martin ici."

Mon avis :
Depuis le départ de Nawel et Lamia, Grégoire est une âme en peine. Cinq ans se sont écoulés, il pensait revoir la femme qu'il aime il y a quelques mois déjà, mais il n'a plus de nouvelle d'elle depuis bien longtemps. Sans moyen de la joindre, il se résigne à tourner la page : céder son cabinet médical, vendre la maison familiale. C'est alors que les deux jeunes femmes réapparaissent, tout aussi soudainement qu'elles sont parties. Grégoire ne peut s'empêcher d'en vouloir à Nawel, qui tente de lui expliquer ce qu'il s'est passé. Lorsqu'il apprend enfin la raison de ce silence, le médecin en reste sans voix : tout s'éclaire, mais rien n'est gagné entre lui et Nawel. D'autant plus que la jeune femme a également des projets à court terme qui ne vont pas plaire à Grégoire.

Si vous vous attendiez à des retrouvailles simples et pleine d'amour, vous serez surpris de constater qu'il n'en est rien. Avec les deux sœurs, ce n'est jamais facile, et souvent, ce n'est pas de leur fait. En effet, souvenez-vous que leur père voulait marier Lamia de force alors qu'elle n'était pas majeur. Nawel a pris sa défense. Depuis, elles sont les parias de la famille : ses deux frères sont enragés et prêts à tout pour faire payer la trahison des jeunes femmes. Ces hommes sont mauvais, sans pitié et violents. Il n'y a que Fateh, leur autre frère, qui s'était rangé du côté de ses sœurs; dans cet opus, on va découvrir qu'il en paye le prix. Jeune homme sincère et gentil, il se retrouve en très mauvaise posture sans personne pour l'aider. Que va-t-il devenir ? 
Nous ferons également connaissance de la famille qui a logé Nawel et Lamia au Quebec durant plusieurs années. Un homme qui a trois enfants. L'un de ses fils vit près de chez Grégoire, et accueille son frère durant ses études. Celui-ci va de nouveau être en lien avec les deux sœurs de manière inattendue, mais cela ne sera pas au goût de tout le monde. 

Les personnages évoluent dans une ambiance parfois tendue et stressante. Les quelques jours où nous les suivons vont être animés et riches en émotions, tant positives que négatives. Comme dans le premier tome, Grégoire et Nawel seront prêts à tout pour aider leurs proches. En dehors des frères et du père de Nawel, les protagonistes sont attachants. Nawel est toujours protectrice et n'hésite pas à faire passer le bonheur des autres avant le sien; Grégoire se comporte une nouvelle fois comme un gentleman, il est attentionné. Lamia a changé : fini l'adolescente rebelle; même si elle a gardé un caractère fort, elle est devenue une femme plus posée et indépendante. J'ai aussi retrouvé avec joie Romuald, le frère de Grégoire qui semble avoir bien mûri.

Dès les premières pages, on est à nouveau plongé dans l'histoire qui s'avère rythmée. De révélations en rebondissements, on a envie de découvrir au plus vite ce que la vie réserve à Grégoire, Nawel et Lamia. L'auteure a su transmettre beaucoup de sentiments au travers des lignes. On ressent de l'émoi, de la fureur, des doutes, de la joie... Émouvant, le récit est dynamique, prenant et agréable à lire. J'ai aimé qu'au delà de la romance, il y a de nouveau cette pointe de mystère et de suspense sur l'aboutissement des projets de Grégoire, Nawel et Lamia. Même s'il a répondu à mes attentes, le dénouement est prévisible. La plume de Marjorie Levasseur est toujours aussi plaisante.

NB : mon avis sur le tome 1 "Quoi qu'il nous en coûte" ICI

Ma note : 3,5/5

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Service Presse

"Les véritables histoires de la Saint-Valentin" des Indés Lébiles

Genre : Nouvelle, Recueil

Résumé :
14 février. Saint-Valentin.
La fête des amoureux ? Pas si sûr ! Ou pas seulement ! Cela peut être l'histoire totalement décalée d'un jeun col blanc célibataire peu enclin au romantisme, celle d'une lycéenne amoureuse dont le corps est en pleine transformation, d'un agent de sécurité aigri et en plein doute, d'un émigré clandestin survivant grâce aux fleurs, d'un copilote de jet volage, d'une jeune navigatrice solitaire épuisée, mais aussi celle d'un couple trop heureux de se retrouver après une longue séparation.
Elle peut également être évoquée par des transitions poétiques un peu coquines… 
Oui, c'est aussi tout cela, la Saint-Valentin. Pas seulement cette commémoration zéro-défaut de l'amour et des bons sentiments qui, le temps d'une soirée chaque année, fait cesser les guerres, les violences conjugales, les séparations.

Extrait :
"À présent, installez-vous bien dans votre vieux fauteuil favori, prenez une bonne tasse de thé ou de café noir, quelques petits sablés des Flandres à grignoter, votre plaid préféré, un petit Pink Floyd en sourdine… Ou non, plutôt la musique coupée, et surtout la compagne ou le compagnon enfermé.e quelque part à double tour pour avoir la paix !"

Mon avis :
Dans ce recueil de nouvelles, le thème de la Saint-Valentin est abordé. Huit auteur.e.s ont participé à ce projet : Marie Grand, Béatrice Galvan, Johnathane Hocto-Anger, Liliane Fournier, Edouard de Wilmer, Edouard B.W., Marie F. et Jean-Pierre Beaufey.

Les histoires parlent de la fête des amoureux d'une manière inattendue, avec des situations et/ou des tranches de vie originales. Ainsi, on trouve sept nouvelles, ainsi que des poèmes qui entrecoupent chaque nouvelle. 

Le collectif d'auteur.e.s apporte des récits différents, chacun avec son style et sa plume. Toutes ont été agréables à lire : certaines sont amusantes, d'autres plus sombres. La lecture est rapide et plaisante. On y trouve son compte. J'ai été un peu moins réceptive aux poèmes de Marie F. car cela ne fait pas parti de mon registre de lecture. Cependant, j'ai trouvé intéressant de lier les histoires de cette façon.

Voici un petit mot sur chaque nouvelle :

  • "Valentin, ses anges et ses saints" - Béatrice Galvan : On découvre un banquier trentenaire, prénommé Valentin, qui s'apprête à passer la Saint-Valentin avec sa secrétaire, Térésa, qui a aussi en horreur cette fête commerciale. Les voilà partis pour une soirée "non-romantique"... Ou pas !
  • "Le secret de Laura" - Johnathane Hocto-Anger : Laura, lycéenne de presque 18 ans, timide et n'ayant pas confiance en elle, est invitée par le beau Damien de sa classe pour une soirée cinéma à la Saint-Valentin. Le rendez-vous ne se déroulera pas comme prévu… 
  • "Valentin" - Edouard de Wilmer :Valentin, agent de sécurité dans une parfumerie, déteste la Saint-Valentin. Cette année, c'est décidé, il va saboter cette fête débile !
  • "Le vendeur de roses" - Marie Grand : Aska, réfugié, vend des roses le soir de la Saint-Valentin dans des restaurant, bars, etc. Cette homme nous livre son douloureux passé et découvre également les mœurs de notre société.
  • "Vol du dimanche 14 février" - Jean-Pierre Beaufey : Michel et Stan, pilote et copilote, s'apprête à atterrir à Rome pour la Saint-Valentin. Stan a des projets pour la soirée, que Michel ignore. Ceux-ci risquent d'être compromis avec une surprise inattendue. 
  • "J'emmerde la Saint-Valentin" - Liliane Fournier : Gwen, apprentie navigueuse, se retrouve à Saint-Jean-De-Luz après avoir cassé son voilier. En attendant qu'on vienne le réparer, elle rêve d'un bon repas et d'une nuit dans un bon lit. C'était sans compter sur la Saint-Valentin : tout est complet partout. Elle se retrouve dans un Kebab où un homme vient également s'installer… 
  • "La ballade des écorchés" - Edouard B.W. : Un homme attend son amie pour la Saint-Valentin. Il a mis les petits plats dans les grands. En attendant son arrivée, il se remémore ses autres Saint-Valentin plus ou moins réussies. Jusqu'à l'arrivée de sa belle, une soirée mémorable s'annonce… 
Parmi ces nouvelles, j'ai une préférence pour celles de Béatrice Galvan, Johnathane Hoctor-Anger et Liliane Fournier.

Ma note : 4/5

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"Grimhilde" de David-André Camous

Genre : Roman, Suspense, Fantastique, Horreur

Résumé :
Le royaume de Mataquin, entouré de sa Forêt Interdite, est le théâtre d'intrigues, de disparitions, de manipulations. Des Loups-Garous rodent. Les Illuminés de Ravière conspirent. Barbe Bleue, Aurore, le Petit Chaperon Rouge, la bonne Fée marraine du Royaume, Blanche-Neige et bien-sûr sa belle-mère Grimhilde s'y démènent. Certains pour cacher la vérité. D'autres pour la connaître. 
Après cette nouvelle, lire-vous encore des contes à vos enfants ?

Extrait :
"- Anne, ma sœur, ne vois-tu rien venir ?
- Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie.
Pendant ce temps, Barbe Bleue, tenant un grand coutelas dans sa main, criait de toute sa force :
- Descendez vite, ou je monterai là-haut."

Mon avis :
Au royaume de Mataquin, un Roi règne avec des Reines différentes, renouvelées selon les critères de beauté imposés par le Miroir. Dans ce monde, Barbe Bleue, Aurore, Grimhilde, et d'autres encore, vivent des instants compliqués, inattendus.

Bien loin des classiques que l'on connaît, les contes sont entremêlés et les personnages de ces histoires se retrouvent liés les uns aux autres de manière surprenante. Ce livre est une parodie décalée et sombre. Exit les petits animaux, fleurs et chansons guillerettes, on a affaire à des personnages durs, qui collent beaucoup plus avec la réalité de notre société actuelle : l'importance de l'apparence, le dictat de la beauté, mais aussi la violence, les crimes. On trouve des scènes crues, gores, mais aussi parfois du sexe explicite et brusque (ex : viol. Cela ne convient pas à tout le monde). L'atmosphère est lugubre, malsaine, voire effrayante.

Bien qu'original, le récit est assez complexe. Je dois dire que je m'y suis perdue plus d'une fois avec les nombreux personnages : qui est qui, qui est mort, etc. Cet univers ne m'a pas particulièrement séduite, c'était trop fantasque pour moi, trop abstrait.
En revanche, la plume de l'auteur est appréciable, recherchée. Elle colle à l'ambiance : les phrases sont percutantes et incisives. 

Dans le même style de roman, j'avais lu Charme de Sarah Pinborough qui ne m'avait pas entièrement convaincue, mais que j'ai trouvé plus simple et accessible.

Ma note : 2,5/5

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Service Presse

"La danse de la tarentule" de Claire Blanchard

Genre : Roman, Drame

Résumé :
Quel drame a poussé Emilie à rompre les liens avec sa famille maternelle ? Cela fait plus de vingt ans que la jeune femme n'a pas gravi les marches du manoir de son enfance, lorsque sa mère y rend son dernier souffle. Un flot d'images se déverse dans sa mémoire. L'Inde, Le Croisic, Paris ; et un fil conducteur : celui que tisse obstinément une mère oppressante, imprévisible, tarentule harceleuse au venin quotidien, qui jamais ne perd de vue sa proie, centre de sa ronde maléfique, sa danse funeste.
Comment se construire lorsqu'une mère aimée au-delà de tout, au-delà du pire, inocule paroles et gestes toxiques que sécrète une folie sournoise et quotidienne ? L'impasse d'une naissance dans l'amour maternel peut-elle interdire de renaître à la vie ?

Extrait :
"Ca fait vingt ans. Vingt ans que je n'ai pas remis les pieds ici, au Croisic. Vingt ans que je ne l'ai pas revue, elle. Leur grand-mère. Je l'ai chassée de ma vie. Ma génitrice. Jusqu'à ce rêve. Jusqu'à ce que je rêve à nouveau de sa mort, une nuit."

Mon avis :
Emilie, artiste-peintre, se retrouve au Croisic avec ses deux enfants sous la bras aux portes de la maison de son enfance. C'est avec angoisse qu'elle entre dans cette demeure où les souvenirs sont nombreux, et qu'elle constate le décès de sa mère. Avertie plus tôt de sa mort, et bien qu'elle n'ait pas vu sa mère depuis des années, Emilie a tenu à faire le déplacement pour voir de ses propres yeux la dépouille. Enfin soulagée, elle en ressort tout de même bouleversée et repense à sa vie.

C'est ainsi que nous la retrouvons à l'âge de 5 ans, au Croisic avec sa grand-mère et sa tante Micheline. Son frère Jean-Baptiste a 3 ans. Depuis un an, ses parents sont partis en Inde pour le travail, laissant les enfants aux bons soins de ces femmes. Ferventes catholiques, l'éducation est très stricte. Aucun débordement n'est toléré, les punitions pleuvent. La vie est très chiche, l'intégration à l'école d'autant plus dure. Cette vie, illuminée deux fois par an de la visite de ses parents, continue jusqu'aux 9 ans d'Emilie. Un évènement va chambouler l'ordre établi. Au revoir Le Croisic, bonjour Paris : une nouvelle vie s'amorce avec ses parents, elle ne pourra être que plus belle. Enfin, c'est ce qu'Emilie croyait… Ce bonheur est très vite fragilisé par le comportement de Marie, sa mère, une femme intelligente mais imprévisible. Instable, elle ne vaut pas mieux que la grand-mère. Elle offre une facette d'elle aux enfants que personne ne soupçonne. Le mari, toujours absent, est décevant au possible lorsqu'il est là.

Dans cette atmosphère glauque, parfois tyrannique, Emilie peine à trouver sa place. Dotée de grandes capacités, elle excelle à l'école et dans la pratique du piano. Elle veut en faire une vocation, un métier. Elle réussi tant bien que mal à maintenir un bon niveau scolaire, bien que sa mère souffle le chaud et le froid sans cesse. La violence est quotidienne, insidieuse, discrète et invisible aux autres. Démon dans l'intimité, Marie est une mère courage aux yeux de tous. Inimaginable, cette femme est cruelle, ignoble, voire inhumaine. Elle est détestable du début à la fin. On soutient Emilie qui tente tout pour (sur)vivre au mieux dans cette ambiance désolante : parfois docile, aimante, d'autres fois rebelle et méchante. Rien ne convient jamais. On est aussi attristé de voir évoluer Jean-Baptiste : enfant chétif qui a difficultés scolaires, il est souvent pris à parti chez lui et à l'école. Il est ignoré par ses parents, incompris. Ces deux enfants sont très touchants. Ils ont très peu de soutien, voire pas du tout, de leur famille : ils ne sont pas proches et surtout, la plupart ignore ce qu'il se passe vraiment dans les murs de leur appartement.

Bouleversant, ce roman est sombre du début à la fin. Il retrace donc le triste parcours d'Emilie. C'est percutant, choquant et sinistre. Le récit à la première personne nous permet d'être encore plus proche d'Emilie, de la comprendre et surtout, de ressentir ses émotions. La période la plus dure à lire est avant l'adolescence, quand Emilie avait encore son esprit d'enfant qui n'avait qu'une envie : se faire aimer de sa mère. L'histoire est lente, morose à l'image de la vie de cette jeune femme. On est plongé dans ses pensées. J'aurais aimé que certains passages soient un peu moins longs, pour laisser plus de place à certains évènements marquants qui sont trop vite passés. Le dénouement me laisse avec une ou deux interrogations, mais le lecteur peut librement imaginer les réponses lui-même. La plume de l'auteure est fluide, soignée, agréable à lire.

Ma note : 3,5/5


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"Etat d'ivresse" de Denis Michelis

Genre : Roman, Drame

Résumé :
La mère d'un adolescent, en état d'ivresse du matin au soir, se trouve en permanence en errance et dans un décalage absolu avec la réalité qui l'entoure. Epouse d'un homme absent, incapable d'admettre sa déchéance et plus encore de se confronter au monde réel, elle s'enferme dans sa bulle qui pourtant menace de lui éclater au nez. Etat d'ivresse brosse le portrait d'une femme brisée qui, en s'abîmant dans l'alcool, se fait violence à elle-même.

Extrait
"Il ne me reste plus qu'à prendre mon élan, qu'à courir pour sortir de cette maison et ne plus jamais y revenir. Mais quelque chose m'en empêche, et cette chose se trouve là, à mes pieds : mon verre tulipe."

Mon avis
Une femme, dont nous ne connaissons pas l'identité, détaille quelques jours de sa vie. Pigiste pour un magazine de psychologie, elle travaille depuis chez elle. Mais son quotidien est devenu compliqué depuis quelques années, à cause de l'alcool qu'elle consomme en excès. Elle erre dans sa maison, boit, essaye de se souvenir de ce qu'elle doit faire ou de ce qu'elle a fait. Son fils Tristan, 17 ans, ne se sent plus à sa place. Partagé entre l'amour pour sa mère et la haine qu'il ressent envers l'alcoolique qui a pris possession de la femme, il est de moins en moins chez eux, même s'il tente toujours de la faire réagir. 

Dès les premières lignes, on est plongé dans un état de confusion à l'image de l'héroïne. La femme effectue un monologue et se perd dans l'espace spacio-temporel. Elle se parle à elle-même. Elle semble complètement dépassée et perdue, mais elle est dans un déni profond. Elle ne comprend pas où est le problème, pourquoi sa voisine Célia n'est plus son amie, pourquoi elle n'a plus de voiture, où est son mari, quel papier elle doit rendre à François ?... De trous noirs en accès de colère, en passant par des états végétatifs, on assiste impuissant à cette déchéance. La femme fait pitié, elle est malheureuse, elle (se)  ment, elle est souvent hors de la réalité. La situation met mal à l'aise, tout comme elle nous rend triste ou nous agace.

Dans une ambiance glauque, on écoute cette femme à travers son récit décousu. Son esprit est brouillé, elle nous emporte dans ses pensées : on a vraiment l'impression d'être dans son corps. Contrairement à elle, on discerne le mal-être de Tristan, de Célia et de son mari. Ils souffrent tous de la maladie, pas seulement elle. On ne connait pas l'origine de son mal, mais les conséquences sont terribles. Elle a détruit sa santé, sa famille, sa relation mère/fils et se coupe peu à peu du monde. Son entourage a honte d'elle, elle renvoie une image pitoyable. Malgré tout, ils essayent d'être à ses côtés pour qu'elle se sorte de cette spirale qui la met de plus en plus en danger. 

L'auteur décrit très bien les émotions et l'état de misère, voire de folie, dans laquelle la femme s'est enfermée. Elle semble être très atteinte par la maladie : violences, amnésies, dialogue à elle-même comme si c'était une autre personne... Cela fait froid dans le dos. Le récit est très réaliste. On se sent happé par le roman : à certains moments, on a envie de secouer cette femme, à d'autres on la déteste pour ce qu'elle fait. Le livre est très bien écrit. Poignant, il est agréable à lire.

Ma note : 4/5

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Via Masse Critique - Babelio

"Mon ombre assassine" d'Estelle Tharreau

Genre : Roman, Thriller

Résumé :
En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession. 
Celle d'une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d'une femme manipulatrice et cynique.
Celle d'une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.

Extrait :
"Je suis dans cette cellule en attendant de savoir ce que le destin a prévu pour moi. Non que je sois inquiète, il m'a trop souvent éprouvée pour que j'aie encore peur de lui. Je suis confiante : ils ne trouveront rien, car, mise à part cette erreur, j'ai toujours veillé à ne jamais semer de petits cailloux sur mon chemin. J'attends simplement que les juges ne se trompent pas sur la qualification de ce qu'on me reproche : ce que je vais faire de mon temps en dépend."

Mon avis :
Nadège est une jeune institutrice intègre, bienveillante et douce. Ceci est l'apparence qu'elle donne au monde extérieur : à ses proches, à ses élèves et à leurs parents. En fait, Nadège est une personne malveillante, manipulatrice et sans scrupule. Elle se retrouve en prison car, en légitime défense, elle a tué un homme. Ceci est la version de son avocate et celle que tout le monde croit. La réalité est tout autre, et Nadège nous la livre au fil des pages : froide, sordide, inimaginable.

Ce roman nous plonge dans les pensées de Nadège qui nous raconte son histoire. Comme une confession, elle retrace son enfance : misérable, pauvre et sans amour. Délaissée par sa mère et son père, elle est livrée à elle-même. Elle lutte pour survivre aux assauts meurtriers de sa mère dépressive qui donne naissance à une autre sœur handicapée. Seul son grand frère, Julien, est bien loti : en permanence avec son père dans l'atelier familial, il bénéficie d'une vie paisible et choyée. Nadège se sent différente depuis qu'elle est toute petite. Elle semble être dotée d'une intelligence au dessus de la norme, mais elle a aussi depuis très jeune un comportement psychopathe. Elle teste les limites du bien et du mal, elle calcule les risques encourus et a très rapidement envie de passer à l'acte. Avant de tuer, elle va commettre des violences, souvent dissimulées. Elle est dépourvue de sentiments : elle n'aime personne, pas même sa propre famille qui sera son premier terrain de chasse, à commencer par sa sœur qu'elle nomme toujours le monstre. Adolescente, elle tuera pour la première fois, et ne s'arrêtera pas là. Très bonne comédienne, elle usera de son pouvoir pour assouvir ses noirs désirs.

La personnalité de Nadège est à la fois fascinante et abominable. À la limite du supportable, on découvre les envies de cette femme, son mode de fonctionnement. Dans une atmosphère glauque, on est en immersion dans la vie de Nadège : c'est choquant, répugnant mais tellement prenant. L'auteure a su donner vie à cette tueuse en série, on se sent happé par ce personnage criant de réalisme. Cela est accentué par les documents intercalés avec le journal intime de Nadège : il y a des extraits d'auditions (de Julien, de parents d'élèves, de collègues,...) et aussi des articles de journaux qui relatent l'avancée de l'affaire. J'ai également apprécié le prologue qui apporte des éléments sur le profil des tueuses en série; ceux-ci sont issus de réels ouvrages. C'est très instructif et cela nous même dans l'ambiance.

Ce livre m'a rappelé une ancienne lecture : La première fois j'avais 8 ans de Sandrine Lamoureux. J'ai retrouvé la même noirceur, le même dégout du personnage principal et aussi le même attrait de le découvrir et de lire jusqu'au bout de quoi il est capable. Le dénouement, incertain jusqu'aux dernières pages, a répondu à mes attentes. Le récit est calme, lent et pourtant infâme : Nadège parle de ce qu'elle fait, comme elle raconterait ses dernières vacances. On est comme hypnotisé : même si c'est terrible, on continue de lire. Le roman est bien structuré. L'auteure a écrit de façon très soignée. En bref, cette lecture est horriblement agréable.

Ma note : 4,5/5

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"Dis-moi pourquoi" de Ninon Amey

Genre : Roman, Romance

Résumé :
Sarah, dévouée à ses amis comme à sa famille, peine à trouver sa place dans la vie. Son seul plaisir : s'échapper de la réalité grâce aux romans qu'elle doit lire dans le cadre de son travail.
Axel fait de son mieux pour gérer les soucis du quotidien et affronter un passé douloureux dont les souvenirs refont surface. La musique est son seul exutoire.
Leur rencontre les aidera-t-elle à affronter leurs propres traumatismes pour se réconcilier avec la vie, mais surtout avec eux-mêmes ?

Extrait :
"Les mecs, très peu pour moi ! Tout du moins ceux qui pensent qu'ils ont tous les droits. À vrai dire, je n'en ai pas encore rencontré beaucoup qui considèrent les femmes de la façon dont j'aimerais qu'ils le fassent, avec tendresse et respect, entre autres. Peut-être qu'un homme comme ça, ça n'existe pas, ou seulement dans les contes de fées. Ou alors ils sont déjà pris... C'est la faute à tous ces films romantiques, aussi ! Et à tous ces romans à l'eau de rose. Bon, il faut dire que si j'en lis autant, c'est parce que c'est précisément mon boulot. Je travaille dans une maison d'édition, et je dois lire une multitude de manuscrits pour trouver celui qui va sortir du lot. Et forcément, à lire des histoires d'amour extraordinaires, on se met à espérer..."

Mon avis :
Sarah, 24 ans, travaille dans une maison d'édition et cherche la perle rare parmi les manuscrits qu'elle reçoit. Elle vit dans un petit appartement et elle est entourée par ses amies Tania et Elodie. Celles-ci sont toutes les deux en ménage et l'une a des enfants. Jennifer, la petite sœur de Sarah, est sur le point de présenter à sa famille son petit-ami. Au milieu de tout cela, Sarah se sent à part : elle est seule et ne semble pas accorder sa confiance aux hommes. À la fin d'une soirée filles, Sarah rencontre Axel, barman, musicien et étudiant. Ils se sentent immédiatement attirés l'un par l'autre. L'histoire pourrait être simple, mais un week-end en famille va tout compliquer... 

Sarah est une jeune femme attachante. Fragile, elle est sensible et manque de confiance en elle. Elle n'ose pas s'affirmer : ni au travail, ni dans sa famille. Elle essaye de faire ce qu'on attend d'elle, au détriment de ses propres envies. Sa rencontre avec Axel va tout chambouler. Elle imagine que l'amour avec un grand A est enfin là pour elle, qu'elle va pouvoir connaitre aussi le bonheur de la vie de couple. Mystérieux, le bel Axel est solitaire : il ne veut pas s'investir dans des histoires de cœur et n'arrive pas à se projeter dans une vie amoureuse à cause d'un passé qui le torture. Tout est remis en question lorsqu'il rencontre Sarah. Ils hésitent à se lancer : sont-ils prêts ? Que risquent-ils ? Et alors que tout leur semble possible, la vie se joue à nouveau d'eux. Heureusement pour eux, ils sont bien entourés. Axel peut compter sur Pierre, son colocataire qui le soutien à sa manière; Sarah a ses deux amies et son cousin Thomas qui sont présents dès qu'il le faut.

La situation dans laquelle ils se retrouvent est particulière, presque amusante et pourtant injuste. On ressent beaucoup d'émotions : mélancolie, joie, doute, colère... Le récit nous permet d'être proche de Sarah mais aussi d'Axel, car il est raconté à la première personne du point de vue des deux protagonistes. J'ai aimé avoir les ressentis de chacun et comprendre ce qu'ils pensent, mais aussi observer leur évolution. Sarah va devenir plus piquante et s'imposer; tandis qu'Axel décidera d'affronter les démons du passé pour construire un avenir sereinement. 

L'histoire est une comédie romantique comme on en voit à la télévision, mais elle n'est pas linéaire : tout n'est pas toujours « tout beau tout rose ». En effet, il y a des rebondissements à plusieurs reprises qui dynamisent le récit et nous captivent. Le dénouement est satisfaisant, bien que facile à deviner. Cela reste appréciable malgré tout. J'ai bien aimé les citations en début de chapitres, particulièrement celles issues de romans de Guillaume Musso et Marc Levy. La lecture est plaisante. L'auteure a une plume fluide, agréable et sait nous entraîner dans cette jolie romance. J'ai eu l'occasion de lire deux autres de ses romans (Tout recommencer à zéro et Tout reprendre au début), celui-ci est mon préféré.

Ma note : 4,5/5

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"Je te hais" de Gilles Caillot

Genre : Roman, Thriller, Policier, Suspense

Résumé :
Flic tourmenté, le capitaine Marc Kasowski aimerait pouvoir tirer un trait sur les horreurs de son passé. Mais comment oublier son père, ce bourreau qui a assassiné sa mère et sa sœur ? Surtout maintenant au moment où celui-ci va sortir de prison... 
Alors que le policier lutte contre ses terribles souvenirs d'enfance, un petit garçon et une fillette disparaissent. Et le kidnappeur envoie aux parents une lettre glaçante dans laquelle il détaille la manière dont il les a tués.
Cette affaire qui rappelle étrangement à Marc ce qu'il a lui-même vécu, risque de faire vaciller son fragile équilibre psychologique. Pour parvenir à démasquer le meurtrier, il va devoir plonger dans les abîmes de son histoire familiale. Et le prix à payer pour sa rédemption risque d'être terrible... 

Extrait :
"Environs de Lyon
15 juillet 1989
[...]
Ce drame épouvantable allait secouer l'opinion publique et ce n'était vraiment pas le moment, vu le contexte politico-judiciaire tendu.
En complément à cela, les affres de l'affaire Grégory Villemin étaient encore dans toutes les têtes. La sienne, mais aussi celles des médias et de ses confrères des Vosges. Enquête bâclée, secret de l'instruction bafouée, meurtre du principal suspect en 1985 au nez et à la barbe des forces de gendarmerie. [...]
- Je crois que cette saloperie va nous hanter un bon bout de temps."

Mon avis :
En 1989, la police découvre un drame familial particulièrement atroce : meurtres, pédophilie, viols,... Un condensé d'horreur laissant un jeune garçon traumatisé : Marc. Après cela, il est placé en foyer, où la vie est difficile. En 2017, Marc est devenu policier.  Les épreuves ne sont jamais très loin : il perd l'un de ses collègues lors d'une mission, ce qui lui vaut une éviction du service; et au même moment, deux enfants disparaissent. Le kidnappeur prétend avoir mangé la fillette, comme un célèbre tueur en série Américain. C'est un collègue de Marc qui est chargé de cette affaire. Lorsque Marc en entend parler, cela lui fait froid dans le dos : il trouve des similitudes entre son passé et ces tristes événements. 

Le récit débute avec la tragédie vécue par Marc en 1989 : son père a tué sa mère et sa sœur d'une manière abominable, et en ayant commis d'autres actes ignobles auparavant. On découvre son arrivée dans un foyer après le drame, où il rencontre son premier amour, Joëlle; mais aussi des caïds qui veulent imposer leur loi : Daniel et Nicolas. L'encadrement dans ce foyer est également plus que douteux, on se rend alors compte que l'enfance de Marc aura été désastreuse. Cet homme parviendra tout de même à s'en sortir et à devenir policier. Cependant, lorsqu'on le découvre en 2017, il ne semble pas vraiment apaisé, ni épanoui. Des cauchemars perturbent son sommeil, il boit pour essayer d'échapper à ses souvenirs mais chaque retour à la réalité est difficile : il se sent perdu. Dans son esprit, une grande confusion règne : il oublie des choses, la distinction entre cauchemar et réalité est parfois inexistante,... 
On se pose beaucoup de questions sur cet homme, qui occupe tout de même un poste de fonctionnaire de police : comment peut-il exercer ce métier sachant qu'il est clairement à côté de la plaque : il souffre, il a peur, il est en colère… Les émotions de Marc sont noires et négatives. 

En parallèle, les collègues de Marc travaillent sur une affaire de kidnapping : deux enfants ont été enlevés et la personne qui les retient a envoyé une lettre pour expliquer ce qu'il fait d'eux. L'enquête va s'avérer compliquée et ne manquera pas de rebondissements. Marc étant mis à pied, il ne suivra pas toutes les investigations, mais lorsqu'il va découvrir de quoi il est question, il va faire le parallèle avec sa propre histoire. 

Ce roman est très sombre : j'ai beaucoup aimé l'ambiance pesante et lugubre qui est présente du début à la fin. L'atmosphère est presque étouffante par moment, et les événements dont il est question tant en 1989 qu'en 2017, sont ignobles. L'auteur apporte du détail qui rend l'histoire d'autant plus réaliste. Le personnage de Marc est le plus marquant avec sa personnalité bien détaillée; les autres personnages ont également leurs qualités et leurs défauts. Sans avoir deviné tous les tenants et aboutissants de l'intrigue, j'avais trouvé certains éléments de réponse. Le dénouement est à la hauteur mais je reste avec une impression de confusion sur certains points : est-ce bien plausible que Marc ait pu travailler dans son état ? Pourquoi ne pas s'alarmer face à certaines situations, notamment d'amnésie

Globalement, ce livre est plaisant. Bien que complexe, l'histoire est très prenante. J'ai eu du mal à lâcher ce roman avant la fin. La structure du récit était agréable : des chapitres en 1989 pour découvrir Marc enfant, et des chapitres en 2017 durant l'enquête qui est palpitante. J'ai apprécié le dénouement, les révélations : c'était bien ficelé et imaginé. L'auteur a une plume entrainante et dynamique.

Ma note : 4/5

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Service Presse

"Le jour où ma sœur a débarqué" d'Aurore Chatras

Genre : Roman, Chick-Lit, Feel-Good

Résumé :
Métro, boulot, dodo. Voilà à quoi se résume la vie d'Elisabeth. Sa vie parisienne sans attaches lui convient. Une famille ? Un enfant ? Hors de question ! Seule compte sa vie professionnelle !
Un matin, cette trentenaire découvre sa petite sœur Maelys  sur le pas de la porte. Dix ans se sont écoulés depuis qu'elle a coupé les ponts avec son passé. L'aider ? Non, non, non... Et puis finalement, Lizziz cède. Après tout, ce n'est que pour quelques jours, un dépannage pour se donner bonne conscience, et ensuite, elle reprendra le cours de sa vie parfaite. Mais l'arrivée de Maelys lui réserve bien des surprises... Pour couronner le tout, sa petite soeur semble tremper dans des histoires louches, et Elisabeth, pour la protéger, va s'embarquer dans un périple qui changera à jamais sa vie.
Rappelez-vous de toujours vous méfier de qui sonne à votre porte... 

Extrait :
"En se tournant  vers moi, elle m'annonce avec le sourire d'une maman fière de sa progéniture :
- Lizzie, je te présente ma fille. [...]
Mon attention n'est focalisée que sur le bavoir sale, mouillé et plein de restes d'un précédent repas, et sur son énorme derrière avec sa couche pleine de machins immondes. [...]
Ma sœur berce la boule rose et m'observe, espérant une réaction de ma part. Je me triture le cerveau pour trouver la réplique parfaite à ce psychodrame familial. Vite, vite, une phrase pleine d'esprit. Mais la seule chose qui vient est :
- Elle bave comme Mamie Antoinette."

Mon avis :
Elisabeth, alias Lizzie, est une working-girl à l'emploi du temps millimétré. Dans sa vie, il n'y a que son travail. Elle n'a aucun ami, aucun plaisir. Elle a également tiré un trait sur sa famille il y a 10 ans : elle n'a plus de contact avec ses parents et sa sœur Maelys. Pourtant, cette dernière déboule un beau matin à son appartement, lui demandant de l'héberger pour quelques jours. À contrecœur, Lizzie accepte, mais ce qu'elle ignore, c'est que sa sœur n'est pas seule : elle a un bébé de 8 mois avec elle. La cohabitation s'annonce plus difficile que prévue, et tout se complique le lendemain matin alors que Maelys disparaît en lui laissant Olivia et une lettre expliquant qu'elles sont en danger. Dans quelle galère s'est-elle fourrée ? Comment va-t-elle faire seule avec cette chose baveuse ? Pourquoi prendre la fuite quand Maelys lui ordonne ? 

Lizzie est une personne carriériste et solitaire. Indépendante, elle ne veut pas s'encombrer de choses futiles (à ses yeux), telles qu'une famille ou des amis. Dynamique, elle est drôle et en même temps, on sent que ce caractère est une carapace. Elle se protège des relations humaines pour ne pas souffrir. On ne sait pas ce qu'il s'est passé il y a 10 ans, mais cela semble la hanter encore aujourd'hui. Elle est à la fois contrariée et touchée que sa sœur se présente chez elle. Perturbée sans son quotidien étriqué, elle lutte pour ne pas montrer ses sentiments et tente de poursuivre sa vie comme d'habitude. L'ambiance est tendue entre elles, il y a des secrets, des non-dits. Malgré tout, Maelys va s'imposer et chambouler la vie de Lizzie à jamais. Cette sœur revenue de nulle part, discrète et surprenante va pousser Elisabeth dans ses retranchements et la pousser à affronter ses démons. 
Lizzie m'a fait penser à Robin Scherbatsky de la série How I Met Your Mother quand elle se trouve face à Olivia, sa nièce de 8 mois. Elle a peur de ce mignon bébé, ne veut pas la porter, encore moins la nourrir ou la changer. Elle ne retient d'ailleurs pas son prénom : Hortensia, Ophélia, Olivia, c'est pareil, non ? J'ai beaucoup aimé ce personnage touchant, qui évolue au fil du roman, peut-être un peu trop vite à mon goût. Elle va rencontrer plusieurs personnes qui vont jouer un rôle dans sa transformation. Elle se retrouve dans des situations uniques, amusantes et stressantes. On ressent les diverses émotions de Lizzie : joie, peur, tristesse,...

L'intrigue est plus complexe qu'il n'y parait. On ne lit pas qu'une romance car on trouve aussi du mystère et un peu d'action. Il n'y a pas de temps morts, les évènements s'enchainent. Des flash-back viennent nous éclairer progressivement sur le passé d'Elisabeth. La narration à la première personne nous permet d’être au plus proche de l’héroïne et de ressentir ses émotions. Par contre, le roman gagnerait à maintenir davantage de suspense car on devine le dénouement avant la fin.  Certains éléments mettent rapidement sur la voie. Toutefois, j'ai trouvé le scénario original : on est embarqué avec Lizzie dans ses péripéties.

Globalement, j'ai passé un bon moment en lisant ce livre. Même si l'histoire est différente, elle m'a fait penser à Désolée, je suis attendue d'Agnès Martin-Lugand, où l'on retrouve une héroïne tout aussi obnubilée par son travail. Le récit est dynamique et rythmé. Agréable, le roman se lit facilement et apporte de la bonne humeur. L'auteure a une plume entraînante. 

Ma note : 4/5

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