"Phobies" de Karine Clément

Résumé
Imagine recevoir une lettre anonyme mentionnant trois disparitions jamais élucidées et un lieu abandonné, signée « Le Professeur ».
Un ancien bâtiment industriel.
Un avertissement : « Vous n’en ressortirez pas indemnes. »
Sergio Martins, policier claustrophobe, et Rose Durand, arachnophobe invétérée, plongent dans une enquête qui les confronte à leurs propres peurs. Ce qu’ils découvrent dépasse l’entendement : un laboratoire clandestin où les phobies sont provoquées, mesurées, disséquées… au nom d’un prétendu remède.
Mais jusqu’où peut-on aller pour guérir la peur ?
Et si la véritable expérience commençait après la dernière page ?

Extrait
"Phobie - Nom féminin.
Du grec phobos, — crainte.

Crainte angoissante et injustifiée d'une situation, d'un objet ou de l'accomplissement d'une action.

Les phobies sont une forme de troubles anxieux où l'angoisse se focalise sur un objet, une situation ou une activité précise qui ne la justifie pas. Si certaines formes s'atténuent généralement grâce à des stratégies d'évitement, d'autres peuvent perturber sérieusement la vie quotidienne.

La personne phobique réalise que sa peur est excessive et irrationnelle, mais elle ne peut pas résister au besoin d'éviter l’objet de sa crainte. La phobie devient grave lorsqu'elle oblige la personne touchée à restreindre ses activités et que sa qualité de vie s'en ressent. On distingue trois principaux types de phobies, les phobies simples, l'agoraphobie et la phobie sociale.

(Source Vidal)"

Mon avis
Nancy, 2025. Le policier Sergio Martins reçoit une lettre anonyme d'un certain Professeur qui évoque des disparitions de 1990, laissant entendre qu'il est lié à celles-ci. Avec sa collègue Rose, ils font quelques vérifications avant de revoir d'autres missives qui apportent de nouvelles informations, comme un jeu de piste. Qui est cet inconnu, quel est son but ? D'autres personnes sont-elles en danger ?

Dans ce roman, j'ai découvert deux policiers, Sergio et Rose, qui travaillent ensemble depuis longtemps et dont la complicité se devine dans chaque échange. La nouvelle enquête les touche de près : Rose connait l'une des victime, et tous deux doivent affronter leurs propres peurs irrationnelles - ces mêmes phobies qui semblent relier les disparitions entre elles. Surtout, j'ai fait la figure troublante du Professeur animé d'une ambition plus scientifique que véritablement perverse, mais dont les méthodes restent déroutantes et impardonnables. Répugnants, ses actes révèlent un esprit vacillant, préoccupant, comme consumé par la folie. Malgré l'intensité de l'intrigue, je ne me suis pas particulièrement attachée aux personnages qui m'ont semblé un peu lointains, parfois trop ordinaires pour susciter une réelle empathie.

Feutrée, l'intrigue évoque des faits sur plusieurs périodes et alterne entre deux points de vue : la police et le Professeur. C'est d'ailleurs auprès de ce dernier que l'on passe finalement le plus de temps, tandis qu'il détaille ses expériences et l'origine de ce travail. La police, elle, tente de déchiffrer ses lettres, rouvre les dossiers des disparus et finit par comprendre le lien subtil qui les unit. Les indices sont minces pour trouver l'auteur de ces crimes mais progressivement, une piste apparait. S'il est trop tard pour certaines personnes, ils veulent empêcher cet homme de nuire encore et sauver ceux qui le peuvent encore. Avec un sentiment d'urgence, ils prendront tous les risques pour le coincer. Glauque, l'ambiance fait frissonner, je n'avais pas envie d'être à la place des victimes. Les actes du Professeur, d'une cruauté froide, renforcent l'impression de malaise. Après plusieurs recherches et découvertes, le dénouement apparait, sans véritable surprise, car j'avais imaginé ce qui allait se produire.

Globalement, le scénario était plutôt original grâce au sujet de fond sur les phobies, qui peuvent toucher beaucoup d'entre nous et offrir un angle psychologique intéressant. Les motivations du Professeur, son mode opératoire, ses expériences apportent une dimension dérangeante. Toutefois, je n'ai pas adhéré totalement car le suspense manque d'intensité - j'aurais aimé que le mystère demeure plus longtemps, être un peu dans le flou. À l'inverse, j'ai rapidement eu l'identité du Professeur, saisi ses motivations et son mode opératoire (qu'il explique clairement). Avec ces éléments en tête, l'issue était assez évidente ce qui atténue la tension. Sur la forme, j'ai apprécié les chapitres courts qui dynamisent la lecture, ainsi les notes du Professeur qui viennent agrémenter ses observations. Néanmoins, certaines informations revenaient trop souvent, créant une impression de redondance. Je me suis un peu lassée de lire ces mêmes informations du côté du Professeur tandis que la police reste, à mon goût, trop passive. Sur le papier, l'histoire avait tout pour me séduire, mais son déroulé m'a un peu déçue. Entrainante et documentée, la plume de Karine Clément est toutefois plaisante à lire.

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Service Presse