
Résumé
Lille, un soir d’octobre.
Sous une pluie battante, un homme est retrouvé pendu, en haut de la façade de l’immeuble du journal La Voix du Nord. Le corps n’est pas seulement pendu, il est mis en scène de manière aussi macabre que grotesque. Que signifient ces lettres de sang ? Est-ce une provocation, ou la signature d’un tueur fou ?
Le commandant Basile Deloninck, coincé dans un ascenseur, ne peut être présent. L’enquête repose donc sur la lieutenante Doussy. Elle sait qu’elle joue gros et redoute de ne pas être à la hauteur.
Très vite, de nouveaux corps sont découverts, tous mis en scène.
L’heure n’est plus aux doutes, mais à l’action, car un vent de panique souffle sur Lille.
Une ville sous tension, une nuit cauchemardesque, deux enquêteurs au cœur des ténèbres de l’âme humaine.
Extrait
"Alors la jeune femme perçoit avec netteté l’imminence de sa propre mort. Elle secoue la tête comme pour dire non. Cela ne fait qu’enfoncer davantage le fil d’acier, comprimant sa trachée et ses artères carotides. Elle remue ses pieds, qui effleurent le siège devant elle – inoccupé. Son dos s’arc-boute, comme un poisson sorti hors de l’eau. Son cou violenté, lui, ne bouge pas. Rien ne peut empêcher le sillon mortel de se creuser. Tout va très vite. La douleur est déjà si intense qu’elle comprend qu’une seule issue s’offre à elle. Et elle est préférable à la souffrance. Elle abandonne, attend. A même le temps de penser que son tueur a un sacré sens de la mise en abyme.
La main de Marion qui se tend vers le spectateur comme un ultime appel à l’aide.
La main d’Aliya qui se lève comme pour attraper l’air qui lui manque.
Marion qui s’effondre sur le sol géométrique du carrelage.
Quelques spasmes d’Aliya pour évacuer le reste de vie.
Deux femmes figées pour l’éternité. En gros plan.
Leurs yeux grands ouverts rappellent ce que viennent aussi chercher les spectateurs-voyeurs, l’exhibition de la mort."
Mon avis
Lille, une nuit comme tant d'autres, des crimes atroces sont commis à intervalle régulier, semant la panique dans la ville mais aussi parmi la police qui se trouve dépassée. Le groupe de Basile Deloninck est alors sollicité, mais le Commandant étant coincé dans un ascenseur, il délègue l'affaire au Lieutenant Karine Doussy. Elle le tient informé par téléphone des avancées de l'enquête. Avec les indices glanés, une hypothèse se dessine mais la traque est loin d'être terminée.
Dans ce roman, j'ai retrouvé les policiers d'un précédent roman (Le pont qui saigne) : le Commandant Basile Deloninck, chef d'une unité spécialisée dans les crimes un peu étranges. Passionné par son travail, il ne compte pas ses heures et fait aussi la chasse d'un insaisissable criminel... qui se cache probablement dans la nuit. Dans son équipe, il peut compter sur Karine Doussy, tout aussi investie dans son boulot, sa priorité ; et sur le lieutenant Anton Dalascu. Des renforts seront avec eux toute la nuit. Les victimes sont journaliste, politique, juge... le lien entre elles est ténu. Qui pouvait leur en vouloir ? N'y a-t-il qu'un tueur ? Du côté sombre, j'ai pu découvrir ceux/celles qui tirent ces macabres ficelles sans toutefois saisir toutes leurs intentions et motivations. Ils semblent torturés et décalés ce qui met mal à l'aise. Les personnages ont donc des profils variés ; certains sont touchants.
Sombre, l'intrigue capte l'attention avec les meurtres qui se succèdent, mais surtout qui sont volontairement mis en avant, comme une représentation théâtrale : il faut que cela soit admiré. Au-delà de la mascarade macabre, des lettres sont aussi tracées sur le front des victimes. Planifiés, pensés dans le moindre détail, les crimes ont une logique pour le (les) responsable(s), une signification... un message à passer, mais lequel ? Frustré d'être enfermé, Basile comprend qu'il fait face à son ennemi qu'il cherche à débusquer depuis des mois et des mois. Son équipe pourra-t-elle le coincer ? Stopper cette folie sanglante ? Dans une ambiance angoissante et oppressante, j'ai suivi les différents protagonistes qui apportent tous leur pierre à l'édifice. Au fil des pages, l'image devient plus nette et j'ai pu appréhender la situation un peu mieux... tout en étant surprise une dernière fois lors du dénouement.
Entrainant, ce nouveau roman était plaisant à découvrir, mais sans grande effusion pour moi, un peu comme à la lecture de l'ouvrage précédent. J'ai du mal à m'attacher aux personnages et l'histoire me parait un peu trop alambiquée. Toutefois, j'ai bien aimé le côté jeu dans cet opus un peu comme une chasse au trésor (énigme, indices...) avec une mise en scène et surtout, une course contre la montre intense. Haletant, le rythme laisse transpirer l'urgence de la situation : on sent que tout peut basculer d'un instant à l'autre alors que l'on touche au but. Dynamique, le récit comporte du suspense ; il est bien construit. Malgré cela, je n'ai pas été totalement conquise, parfois décontenancée par la complexité de la situation. Agréable, la plume de Thibaud Benoit est assez fluide et facile à lire.
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De cet auteur, j'ai aussi lu : Le pont qui saigne.
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Service Presse
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